Moussa Sall, coordinateur de la FEJAC : Un homme soucieux du développement de son terroir Médina Sabakh, son village natal.
Moussa Sall ne lésine pas sur les moyens intellectuels et humains pour œuvrer pour le développement de sa localité. Moussa, la trentaine révolue, est un jeune très engagé pour sa communauté. Taille moyenne, teint clair, il a fait ses premiers pas à l’école primaire 1 de Médina Sabakh. Après son entrée en sixième, puis son BFEM en poche, Moussa continue son bonhomme de chemin sans tambour ni trompette. Après l’obtention de son baccalauréat au lycée de Keur Madiabel, il entre dans le temple du savoir. A l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, il est orienté à la faculté des lettres et sciences humaines, département Anglais. Trois ans plus tard, il décroche sa licence. Entre temps, il dispensait des cours d’Anglais dans des établissements privés. Toujours son projet en tête, Moussa, au lieu de rester dans la capitale sénégalaise, rentre au bercail pour réaliser son projet professionnel. Un projet de développement pour son terroir qu’il a toujours gardé en tête depuis sa tendre enfance. ‘’A bas âge, j’ai toujours eu l’idée de venir servir ma communauté. C’est pourquoi à mon retour, mes amis et moi avons créé, le 4 mars 2018, la FEJAC (Fédération des jeunes pour l’Action Citoyenne). Notre vision était de mener des actions citoyennes dans la commune’’, se rappelle Moussa qui a été porté à la tête de cette fédération.
Les raisons de la création de cette organisation sont multiples. Selon Moussa, la localité avait beaucoup de manquements liés à l’insécurité et à l’insalubrité. La mairie faisait des efforts mais, poursuit-t-il, on ne sentait pas l’engagement de la population derrière elle. Il fallait alors trouver une dynamique pour impulser une nouvelle ère. Ce qui explique la création de la FEJAC pour apporter sa contribution au développement de Médina Sabakh. A son début, la FEJAC s’activait dans des actions citoyennes qui consistaient à reboiser des arbres, à faire des sensibilisations, à organiser des journées de nettoiement dans les quartiers. Puis s’ensuivent des actions de plaidoyers. Des activités de collecte de fonds ont germé pour pouvoir prendre en charge ses activités. L’engagement de toute la population a permis de collecter des montants assez consistants pour construire le mur de clôture du cimetière. ‘’Nous ne nous sommes pas arrêtés en si bon chemin, nous avons acheté des ventilateurs, des draps, des matelas que nous avons offerts au poste de santé. Par l’entremise d’un partenaire aussi nous avons acquis un appareil échographique pour la maternité’’, se réjouit Moussa.
Féru de la communication, Moussa assure la direction de la radio communautaire Medina Sabakh Fm. Il n’est pas dans un terrain inconnu. Après avoir effectué sa formation en journalisme-communication à l’ISEG de Dakar, il partageait sur les réseaux sociaux les activités de la fédération. Quand la radio municipale a été créée, il a été sollicité pour assurer la destinée de cette radio. Son expérience d’homme de média, Moussa et son équipe promeuvent les activités de la localité. Des émissions radio, des reportages, tout y passe pour faire jaillir commune une lumière sa localité avec ses résultats positifs comme ses tares.
Partagé entre le développement et la communication, il est sans cesse à la recherche de partenaires pour viabiliser la fédération. Chemin faisant une native de la localité en l’occurrence Mme Ndiaye Ndèye Debane Wade, assistante à la coordination nationale d’Action de Carême Suisse au Sénégal a mis en rapport sa structure avec la FEJAC . ‘’Elle était au courant des activités de la FEJAC. Lesquelles activités entrent en droite ligne avec le programme de lutte contre la soudure et l’endettement d’ADC Suisse au Sénégal. Mme Ndiaye nous a convaincus et accompagnés. A notre tour, nous avons sollicité la coordination nationale pour l’installation d’une calebasse de solidarité’’, affirme Moussa. Ainsi un CLD (Comité Local de Développement) présidé par le sous-préfet a été tenu. Cette rencontre a été une occasion pour les responsables d’ADC-Sénégal de revenir largement sur l’essence de la calebasse de solidarité, ses missions, son fonctionnement, mais surtout les problèmes qu’elle résout dans les ménages. ‘’Les autorités comme la population ont accueilli à bras ouvert cette approche. Je suis tombé sous le charme de cette approche et j’ai décidé d’adhérer. Nous avons dans un premier temps signé une convention de partenariat avec la coordination nationale pour installer des calebasses. Au début, c’était difficile, parce que l’esprit de la calebasse de solidarité est totalement différent des autres mécanismes. De fil en aiguille avec les séances de sensibilisation, nous sommes arrivés à notre but. Des sessions de formations se sont ensuivies. Et nous avons commencé à installer des calebasses de solidarité. Aujourd’hui nous en sommes à 141 calebasses. Celles-ci sont regroupées en réseau fédéral’’, a indiqué Moussa.
Toujours disponibles pour porter les calebasses dans les coins les plus reculés, Moussa et son équipe ne lésinent pas sur les moyens pour braver la chaleur, la soif pour installer des calebasses. ‘’Aujourd’hui c’est une fierté d’installer des calebasses à Djiguimar, à Payoma, à Dabali, Keur Ngathane, entre autres. Nous avons fait récemment une visite de prospection à Keur Madiabel où on nous avait sollicités pour une séance de sensibilisation’’, confie Moussa sous l’œil attentif de ses collègues.
Ce travail d’enrôlement a été facilité grâce à la collaboration avec les relais communautaires communément appelé Badianu Goxx. ‘’Etant des porteurs de voix, je me suis appuyé sur elles pour pouvoir mettre en place des calebasses dans leurs localités respectives’’, souligne Moussa qui travaille parallèlement à la bourse familiale. Très à l’aise quand il s’agit de parler de la calebasse de solidarité, Moussa soutient que l’adhésion des membres n’a pas été très difficile. Son art oratoire a beaucoup joué pour expliquer la différence entre la calebasse et les autres mécanismes. Il soutient mettre l’accent sur le social des calebasses mais surtout le fait d’aider son prochain sans rien attendre en retour, la confidentialité, la paix, l’entraide, etc. sont autant de facteurs qui ont pesé sur la balance. ‘’Aujourd’hui, la calebasse est connue de tous, autorités locales, coutumières, chefs religieux, jeunes, pour ne citer que ceux-là. Ces autorités accompagnent le réseau dans toutes les activités qu’il organise. Nous ne pouvons que nous en réjouir’’, magnifie-t-il. L’histoire de Moussa prouve qu’avec passion et persévérance, on peut transformer son avenir en leadership.
