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Entre Nous :
Par Mme Fatou GUÈYE SECK
Assistante à la coordination nationale
d’ADC-SN
La calebasse de solidarité (CDS) est un outil pour créer un filet de sécurité et promouvoir des processus d’autonomisation dirigés par la communauté locale. Les groupes accumulent un fond commun dont les ressources sont utilisées pour aider les démunis à se nourrir, se soigner et s’éduquer à travers des prêts solidaires sans intérêt.
La CDS, dans le programme de lutte contre la soudure et l’endettement, est belle et bien une stratégie de résilience sociale et économique. Elle met en exergue un groupe de personnes qui se protègent ensemble. Ce tissu de protection sociale appelle à s’entraider en réglant les besoins les plus urgents de ces membres. Chacun y met son apport volontairement sans attendre quelque chose en retour. Cette organisation sociale locale est un cadre de dialogue d’échange et de partage qui incite une démocratie à la base. Elle fait naitre des leaders et encourage une culture d’autonomisation organisationnelle, sociale et économique. Accompagnés par un processus de renforcement de capacité continu et adapté, ces groupes sociaux développent des activités socioéconomiques à travers des achats et ventes groupés de produits de consommations courantes entre eux. Toute cette organisation autour de ces calebasses a démontré leur capacité d’adaptation et d’atténuation face aux chocs économiques
La calebasse de solidarité n’est pas destinée uniquement aux femmes. Toute personne qui le désire peut-être membre d’une calebasse de solidarité. L’adhésion est libre et volontaire mais la stratégie a plus séduit les femmes qui constituent aujourd’hui 95% des membres. Cela se justifie par le fait qu’elles y trouvent un cadre d’échange, de liberté d’expression, de prise en compte de leurs préoccupations et besoins. A travers la calebasse, les femmes sont formées, soutenues et mises en valeur. Elles peuvent s’exprimer librement et montrer le potentiel qui existe en elles.
Les calebasses ont fait émerger beaucoup de femmes leaders qui aujourd’hui servent leurs localités dans plusieurs domaines. En plus de l’autonomie financière, elles sont des espaces d’apprentissage à la gouvernance locale et à la démocratie. Les responsables des calebasses sont formés et accompagnés à travers le programme ce qui leur permettent d’acquérir des connaissances et développer des compétences. Généralement, c’est des personnes qui ont des aptitudes et un niveau d’étude qui n’était pas mis en valeur. Apres quelques années d’appartenance à la calebasse, des femmes qui étaient dans l’ombre développent d’énormes capacités de communication ou de savoir-faire. Ceci est souvent notifié par l’expression « je n’ai jamais osé prendre la parole en public ».
Dans beaucoup de localités, des femmes issues des calebasses sont devenues des conseillères municipales, des adjointes au maire, des présidentes des comités de gestion dans les écoles et les comités de santé.
Elles sont devenues des relais en santé communautaires, des présidentes de réseaux de calebasses au niveau communal, au niveau zonal jusqu’au niveau national.
