Exploitation des ressources halieutiques : L’union locale de Bassoul mise sur l’ensemencement pour pérenniser son activité
L’Union locale de Bassoul tire l’essentiel de ses revenus de l’exploitation des ressources halieutiques. Bien que cette activité soit lucrative, la pérennité de la ressource est aujourd’hui menacée par la surexploitation. Pour y faire face, la présidente de l’Union et son organisation ont adopté une nouvelle stratégie : elles misent sur l’ensemencement afin de préserver ce patrimoine pour les générations futures.
« Je tiens à remercier du fond du cœur toutes les femmes et toutes les personnes qui m’ont soutenue pour diriger l’Union locale et devenir conseillère municipale. Elles ont toujours été là pour m’épauler », a d’emblée déclaré Mme Bintou Diop, rendant ainsi hommage à ses consœurs qui lui accordent une confiance indéfectible.
À Bassoul, dans le département de Foundiougne, la transformation et la commercialisation des produits de la mer constituent les principales activités génératrices de revenus. Selon Mme Bintou Diop, présidente de l’Union locale, la zone et ses environs approvisionnent le marché en huîtres (yoxos), en arches (pañ ou pagnes) et en cymbium (yeet). Si ces femmes sont reconnues pour la qualité de leurs produits, c’est en partie grâce à l’appui de la Fenagie/Pêche. « On ne pourra jamais assez remercier la Fenagie. Si vous aviez vu dans quelles conditions nous fumions le poisson à Bassoul auparavant, c’était extrêmement difficile. Notre partenaire nous a accompagnées dans la construction de fours adaptés », a confié Mme Diop début juillet, lors d’une rencontre avec les membres de l’Union.
Une activité lucrative freinée par les difficultés d’accès aux ressources
Grâce à ces équipements modernes, les femmes de l’Union proposent des produits de qualité à des prix accessibles. « Le kilogramme de « pagne » (harches) se vend à 3 500 FCFA, tandis que le Yeet (cymbium) ou le tuufa (mollusques) peut atteindre 5 000 FCFA. ‘’Ces revenus nous permettent de prendre en charge les besoins essentiels de nos familles : la nourriture, la santé, ou encore l’éducation avec les frais de scolarité de nos enfants. Tout est financé par cette activité, avec le soutien de la « calebasse de solidarité » », a indiqué Mme Diop.
La calebasse fonctionne à merveille à Bassoul et sa gestion est souvent citée en exemple. «À chaque réunion, nous effectuons nos contributions (AVA). La calebasse est une véritable bouée de sauvetage. Elle nous permet d’accorder des prêts solidaires aux membres pour relancer leurs petits commerces », a-t-elle ajouté.
Bien que les produits halieutiques soient le cœur de l’économie locale, cependant, ils se font de plus en plus rares en raison de la surexploitation. « Autrefois, les sites regorgeaient de coquillages, il y en avait partout. Mais aujourd’hui, la ressource se raréfie. Des personnes viennent de tous les villages environnants, parfois même avec des charrettes, pour récolter ici. Cette forte affluence a considérablement diminué les stocks », se désole la présidente. Pour trouver des coquillages maintenant, les femmes doivent désormais louer des pirogues et se rendre dans des zones plus reculées. « Chaque femme doit payer 200 FCFA pour le transport. Si le site est plus éloigné, le tarif monte à 300 FCFA, des frais que nous prenons en charge sur nos propres fonds », confie-t-elle, tout en réaffirmant sa détermination à lutter pour préserver leur gagne-pain en ensemençant de nouvelles zones.
Une relève menacée par le désintérêt des jeunes
Aujourd’hui à Bassoul, les jeunes rechignent à s’engager dans ce métier jugé trop physique. Lorsqu’on leur propose de s’y mettre, ils montrent un désintéressement et préferent tourner vers d’autres secteurs. Seules les femmes d’un certain âge perpétuent cette activité difficile. « Nous continuerons à le faire jusqu’à ce que notre corps n’en puisse plus. Les jeunes ont leurs propres aspirations, nous les respectons, mais le manque de relève est une triste réalité ici », s’inquiète la présidente de l’Union locale.
Par Nogaye Gaye
